8.5.26

Chantal Thomas, Julian Barnes et Robin Givhan

 







Je viens de lire quatre livres exceptionnels. Commençons par les deux derniers livres de ma voisine académicienne Chantal Thomas qui a eu la grande gentillesse de me les laisser dédicacés dans ma boîte aux lettres. Inventer sa chambre à soi est un vibrant hommage à Virginia Woolf, Colette et Patti Smith. Je venais justement de lire Une chambre à soi de Virginia Woolf et je me suis régalée. Patti Smith est aussi une artiste que j’apprécie beaucoup dont j’ai lu les livres et que j’ai vue au Théâtre de l’Odeon. Le livre Femmes sur fond azur est tellement bien écrit qu’on dirait que ces cinq femmes qui ont résidé sur la côte d’Azur prennent vie. 

J’ai beaucoup aimé The Man in the Red Coat de Julian Barnes qui dépeint des écrivains, artistes ou personnes en vue de la Belle Époque. Nous gravitons dans les cénacles, salons et appartements aux côtés d’Oscar Wilde, John Singer Sargent, Sarah Bernhardt ou le gynécologue Samuel Pozzi. 

J’ai également adoré l’ouvrage de Robin Givhan sur les premières maisons de couture et le grand bal de Versailles de 1973. 

Ces quatre romans sont merveilleusement bien écrits et très savoureux! 

❤️

29.4.26

La figure de la terre à l’Institut de France








J’ai visité aujourd’hui l’exposition ‘la figure de la terre, un débat scientifique franco-anglais- XVIIeme-XXIeme siècles. Cette exposition a été conçue par l’académie des Sciences et la Royal Society, deux sociétés savantes, l’une française, créée en 1666 et l’autre anglaise fondée en 1660. L’exposition a été présentée à la Royal Society à Londres en 2024 et se tient maintenant à l’Institut de France à Paris. La géodésie, la science de la forme et des dimensions de la terre constitue le fil rouge de l’exposition. Au XVIIème siècle, par exemple, l’anglais Isaac Newton pense que la terre n’est pas une sphère parfaite, mais un globe légèrement aplati aux pôles tandis que le français Jean-Dominique Cassini estime que la terre est allongée en direction des pôles. Dans l’exposition, nous pouvons même voir le célèbre ouvrage de Newton, Philosophiae naturalis principia mathematica. Ce livre avait été rédigé en latin et publié en 250 exemplaires en 1687. L’exposition nous montre que les idées circulent entre la France et l’Angleterre, des ouvrages sont traduits d’une langue à l’autre, des instruments de mesure sont prêtés…
La géodésie est une préoccupation majeure des scientifiques qui partent même en expédition au XVIIIéme siècle (en Laponie ou au Pérou…) pour déterminer la forme de la terre grâce à la mesure des arcs de méridien. L’exposition se termine avec les travaux de l’académicienne française Anny Cazenave sur le phénomène El Niño.
Bonne semaine à tous! 
Cette merveilleuse exposition est à découvrir jusqu’au 20 juin 2026. 
❤️

26.4.26

Leonora Carrington au musee du Luxembourg










Nous sommes allées voir l’exposition Leonora Carrington au Musée du Luxembourg. C’est la première fois que les français peuvent découvrir une exposition de grande envergure sur l’artiste Leonora Carrington, artiste britannique née dans le Lancashire en 1917. L’œuvre de l’artiste est singulière. Leonora Carrington rencontre Max Ernst et devient son amante. Les deux amoureux se réfugient chez la célèbre photographe Lee Miller et son mari, le galeriste et peintre Roland Penrose avant de partir s’installer à Paris puis à Saint-Martin-d’Ardeche. Ils fréquentent les surréalistes. Cette joie et cette soif de création des deux artistes s’achève bientôt avec la guerre et l’internement de Leonora dans un hôpital psychiatrique. L’artiste part ensuite en exil aux Etats-Unis puis au Mexique. Le fil rouge de l’exposition est le voyage, qu’il soit géographique ou intérieur. Leonora devient mère et de nouvelles figures féminines et protectrices apparaissent dans ses œuvres. Des scènes domestiques se font jour. Les œuvres de Leonora Carrington sont toutes singulières, à la croisée du surréalisme, de l’onirisme et de l’ésotérisme. L’exposition m’a beaucoup plu.

Ps: j’ai recraqué pour des Vans Snoopy. 
Bon dimanche à tous.
❤️

24.4.26

Nan Goldin et Henri Matisse



















Deux expositions merveilleuses se tiennent actuellement au Grand Palais Henri Matisse, 1941-1954 et Nan Goldin.
L’exposition Henri Matisse, 1941-1954 dévoile des œuvres de l’artiste réalisées dans les dernières années de sa vie. En 1941, Matisse subit une lourde opération suite à un cancer abdominal. Il se rétablit doucement et difficilement à l’hôtel Regina à Nice. Il invente alors un nouveau médium, la gouache découpée. Il coupe dans le papier avec une grande dextérité, crée des formes qu’il assemble ensuite et cherche l’agencement parfait comme pour l’escargot, une peinture venue de la Tate Modern à Londres. Tableaux, dessins, et vitraux des 13 dernières années de la vie de Matisse sont ici rassemblés. Les quatre nus bleus sont par exemple réunis pour la première fois, tout comme les œuvres maîtresses la Gerbe, les Acanthes ou Mémoire d’Océanie datant de 1953. 
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Une autre exposition exceptionnelle de Nan Goldin est à découvrir au Grand Palais et dans la chapelle de la Salpetriere. 
Nan Goldin est une photographe américaine de renom. Plusieurs diaporamas, offrant parfois des centaines de photos et une bande-son envoûtante sont à découvrir jusqu’à juillet 2026. Celui présenté à la Chapelle de la Salpetriere porte sur la santé mentale et le destin funeste de la sœur de l’artiste. Ceux du Grand Palais font écho à la vie de Nan Goldin et nous montre les addictions (drogue ou opioides), des célébrations et fêtes (mariages, vie nocturne)… Mon diaporama préféré, intitulé « Stendhal syndrome », met en regard des photos d’art prises dans de grands musées et des photos plus personnelles de Nan Goldin et s’appuie sur six mythes d’Ovide. Comptez au moins deux heures au Grand Palais et 50 minutes à la chapelle de la Salpetriere pour visionner ces superbes diaporamas dont les bandes-son sont toujours sublimes.   
Je vous recommande aussi vivement de voir Toute la beauté et le sang versé, le merveilleux film documentaire de Nan Goldin sur la crise des opioides aux Etats-Unis et son combat mené contre la famille Sackler, mécène de grands musées qui s’est enrichie grâce à l’Oxycontin, un anti-douleur très addictif.  
Nan Goldin est une artiste exceptionnelle!
Ah, et nous nous sommes promenées de nuit à vélo et nous avons dîné au restaurant de la Grande Mosquée. 
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20.4.26

Rodin et Michel-Ange au Louvre

 








Le Louvre nous offre une superbe exposition Michel-Ange (1475-1564) - Rodin (1840-1917). Quatre siècle séparent les deux grands artistes démiurges et pourtant des thèmes et pratiques les rapprochent. Les deux artistes se fournissent en marbre dans la même carrière, celle de Carrare en Toscane. Ils ont le même goût pour les corps vivants et les figures non achevées. Michel-Ange introduit un nouveau style en architecture, le maniérisme et Rodin dit qu’il s’est détaché de l’académisme grâce à Michel-Ange qu’il admirait beaucoup. Des œuvres d’Auguste Rodin sont directement inspirées de celles de Michel-Ange. Ainsi, pour sa célèbre sculpture la Porte de l’Enfer, Rodin a emprunté des éléments aux Esclaves de Michel-Ange, des statues créées pour le tombeau du pape Jules II et d’autres aux damnés du Jugement dernier, la fresque monumentale de Michel-Ange réalisée dans la chapelle Sixtine. 

L’exposition est superbe et est à découvrir au Louvre jusqu’au 20 juillet 2026. 

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